Comment le Nutri-Score améliore la qualité nutritionnelle des produits que l'on achète

Le Nutri-Score, vous l'avez forcément déjà vu sur l'emballage d'un produit que vous avez acheté. C'est cette petite échelle colorée du vert au rouge avec des lettres qui vous indique si votre produit est de qualité nutritionnelle A, B, C, D, ou E. Peut-être même qu'il a guidé votre choix. Mais comment fonctionne-t-il ? Et comment a-t-il réussi à faire changer la composition de certains produits ?

Petit retour en arrière...

Inventé en 2014 par une équipe de chercheurs de la Sorbonne dirigée par le Pr Serge Herchberg, le Nutri-Score est un système d'étiquetage nutritionnel mis en place par le gouvernement français en 2016. Placé sur le devant des emballages alimentaires, il a pour but d'aider les consommateurs à comparer les produits entre eux en fonction de leur valeur nutritionnelle. Plus l'étiquette indique un score A ou B (en vert), plus le produit est favorable pour la santé. Le système s'est ensuite répandu dans d'autres pays européens comme la Belgique, l'Espagne, l'Allemagne ou encore le Luxembourg, et son utilisation est même recommandée par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Victime d'un intense lobbying de la part des agro-industriels, son utilisation n'est pas (encore) obligatoire ; l'étiquetage est apposé sur le devant des emballages par les producteurs sur la base du volontariat.

Le Nutri-score, ça fonctionne comment ?

Le Nutri-Score est calculé par un système de points, le score le plus faible étant le meilleur. Les algorithmes de calcul sont différents selon la catégorie d'aliments : boissons, fromages, matières grasses et autres aliments. Les résultats peuvent être compris entre -15 et +40. A titre d'exemple, un produit avec un score compris entre -15 et -2 sera noté A.

Certains éléments présents dans les produits sont défavorables au score, comme l'apport calorique pour 100g, la teneur en sucre, en sel et en graisses saturées. D'autres éléments sont favorables au score, comme la teneur en fibres, en protéines, en fruits, légumes, légumineuses, oléagineux, huiles de colza, de noix et d'olive.

Quel impact ?

La mise en place du Nutri-Score a eu deux effets principaux : le premier est la modification du comportement d'achat des consommateurs, ce qui a entraîné comme effet secondaire l'amélioration de la composition des produits par les industriels.

Des études sur l'acceptabilité, la compréhension de l'étiquetage et l'orientation d'achat des consommateurs pour des produits de meilleure qualité nutritionnelle ont montré une légère progression des ventes des produits notés A et B et un recul des produits C et D. Ces résultats sont encouragés par des applications comme Yuka ou OpenFoodFacts qui permettent de scanner les produits pour connaître leur qualité nutritionnelle et leur impact environnemental. L'étude démontre également que les consommateurs sont plus enclins à payer pour des produits de meilleure qualité nutritionnelle.

En 2021, une méta-analyse portant sur l'impact des étiquetages nutritionnels sur emballage sur le choix des consommateurs trouvait pour le Nutri-score une réduction de la probabilité de sélectionner des produits moins sains. Elle notait également une augmentation de la qualité alimentaire globale de 7,9 %. Cette étude précise en outre que « les labels de code couleurs sont plus efficaces pour orienter l'achat vers des produits plus sains, tandis que les labels d'alerte ont l'avantage de décourager l'achat de produits malsains ».

Début 2024, une étude démontre que la mise en place de cet outil a poussé les industriels à améliorer la qualité de leurs recettes pour améliorer leurs notes.

Les évolutions récentes

Depuis mars 2025, un nouveau Nutri-Score est entré en vigueur en France; son application ayant été retardée sous la pression des industriels car elle devait initialement intervenir au 1er janvier 2024. Les industriels ont 2 ans pour mettre à jour leurs emballages en adoptant le nouveau Nutri-Score. Le logo comportant un encadré « Nouveau calcul» permet d'indiquer les produits intégrant le nouveau Nutri-Score.

Les principaux changements sont les suivants : meilleure notation des produits riches en oméga 3 (certaines huiles comme l'huile d'olive ou de colza et certains poisson gras) et des aliments complets, plus riches en fibres, vitamines et minéraux. A contrario, les boissons sont impactées car la seule boisson notée A est l'eau et le lait bascule de la catégorie "aliment" à la catégorie "boisson", obtenant ainsi une moins bonne notation. La présence d'édulcorants dans les boissons est également sanctionnée, car favorisant le risque de développer à long terme des diabètes et maladies cardiovasculaires. Enfin, la viande rouge et les produits très sucrés et très salés voient également leur notation se dégrader en raison des risques pour la santé liés à leur consommation.

Tout est question d'équilibre ! Si vous voulez consommer un produit en particulier, le Nutri-Score peut vous aider à choisir celui de meilleure qualité nutritionnelle dans cette gamme, mais parfois on ne peut pas éviter les produits moins bien notés...

Et vous, vous regardez le Nutri-Score avant d'acheter un produit ?

Sources :

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