Astuce > Les labels de pêche

Au marché ou dans les grandes surfaces, les étals regorgent de labels variés, supposés être gage de qualité et d'éco-responsabilité, mais qu'en est-il vraiment ? Et quels sont les problèmes et enjeux liés à la pêche commerciale ? 

  • la pollution : les filets de pêche en plastique abandonnés constituent une source majeure de déchets dans les océans ;
  • les prises accessoires : lors de la pêche, de nombreuses espèces non visées se retrouvent piégées et meurent avant d'être remises à l'eau, ce qui contribue à la baisse inquiétante des populations de dauphins, requins et tortues, vitales pour l'équilibre des océans ;
  • le chalutage de fond : le chalutage est une pratique dévastatrice pour les fonds marins, qui les détériorent ;
  • l'esclavage : pour pallier la raréfaction des poissons liée à la sur-pêche, certaines exploitations ont recours à l'esclavage pour réduire leurs coûts de main d'oeuvre et être rentables.

La pêche commerciale met donc en péril les océans : certaines études estiment même qu'ils pourraient être vides d'ici 2048, ce qui menacerait fortement la pérennité de l'humanité. En effet, l'océan joue un rôle fondamental dans la régulation climatique et le stockage du carbone, et le déséquilibrer contribue à l'amplification de la crise environnementale.

Certains labels existent afin d'orienter les consommateurs dans leurs achats de produits de la mer. Les principaux labels de pêche sont :

  • Pêche durable MSC, créé par l'ONG Marine Stewardship Council ; c'est le label le plus répandu à ce jour avec plus de 386 pêcheries certifiées. Les pêcheries doivent prouver qu'elles répondent aux 3 principes fondamentaux suivants : ne pas surexploiter la ressource halieutique, avoir un impact limité sur l'écosystème marin et respecter les lois en vigueur (locales, nationales et internationales). Néanmoins, certains acteurs, tels que l'association Bloom formulent des critiques virulentes sur le label MSC. Par exemple, Bloom reproche à MSC de certifier à 83% des pêcheries industrielles avec des pratiques peu vertueuses, alors que la petite pêche côtière ne représente que 7% des pêcheries certifiées. De plus, des pêcheries utilisant des techniques destructrices peuvent être certifiées MSC : seules les pêches au poison et à l'explosif sont exclues. 
  • Artysanal, créé par le Forum mondial des pêcheurs et des travailleurs de la pêche en 2013. Il s'applique aux bateaux de moins de 14 mètres qui "intègrent des critères liés à la lutte contre la surexploitation des poissons, à la sécurité des pêcheurs et à la fragilité du secteur de la pêche artisanale".
  • Pêche durable, l'éco label français né de la collaboration entre les acteurs français de la filière pêche, des ONG, des représentants de l'administration, des scientifiques et des représentants d'associations de consommateurs. Ce label intègre les critères "écosystème", "environnement", "social" et "qualité" mais également les déchets, la pollution, l'énergie, la rémunération, la sécurité à bord et la qualité du produit, qui ne sont pas abordés dans les labels précédents. Mais, là encore, Bloom reproche au label Pêche durable, son cahier des charges trop laxiste puisque, dans celui-ci, un impact est considéré comme faible du moment qu'il "n'affecte pas l'habitat de manière irréversible".

En conclusion, et en l'absence de contrôle sur les dispositifs de pêche, les labels ne présentent pas être une garantie suffisante pour consommer responsable, même s'ils différencient certains produits. Le mieux reste donc d'éviter à tout prix les espèces menacées, mais surtout de réduire drastiquement sa consommation de poisson. De plus, en réduisant votre consommation de produits de la mer, vous prenez soin de votre santé puisque, de nos jours, de nombreux poissons sont contaminés par des polluants, tels que les PCB et le méthylmercure qui sont très toxiques, ou le plastique. L'ANSES recommandait ainsi en 2017 d'en consommer 2 fois par semaine. 

Sur Etiquettable, vous pouvez trouver les espèces menacées par zones, mais aussi un grand nombre de délicieuses recettes sans poisson pour vous aider à réduire votre consommation !


Sources : 

Guide des espèces

Association Bloom

Seaspiracy

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