Cadmium : Quel est le problème ? Comment s’en protéger ?

Le poison discret qui s’invite dans nos assiettes !

Le cadmium, un métal sûrement déjà présent dans votre corps

Ce métal lourd, naturellement présent en faible quantité dans les sols, s’y accumule avec le temps. Il est absorbé par les plantes via leurs racines, puis se retrouve dans notre alimentation. Et une fois dans notre organisme, il y reste pour longtemps...

Le vrai coupable ?

Les engrais minéraux phosphatés. Utilisés massivement en agriculture (bio comme conventionnelle), ils sont fabriqués à partir de roches riches en phosphore… et en cadmium.

Résultat : selon l’INRAE, 60 à 75 % du cadmium présent dans les sols vient de ces engrais. En France, ils représentent près de la moitié des apports sur les terres agricoles.

Et nous, dans tout ça ?

Nous mangeons littéralement le problème.

98 % de notre exposition au cadmium vient de l’alimentation. Dans son rapport du 25 mars 2026, l’Anses tire la sonnette d’alarme : la population française est trop exposée (près d’1 français sur 2 dépasserait les seuils, et les enfants sont les plus touchés).

Où se cache-t-il dans nos assiettes ?

Le cadmium se retrouve surtout dans des aliments basiques du quotidien :

  • Produits à base de blé (pain, pâtes, biscuits, céréales)
  • Riz, pommes de terre
  • Légumes racinaires (carottes, radis, navets)
  • Fruits de mer
  • Abats
  • Chocolat (qui est d'ailleurs souvent pointé du doigt mais en réalité il ne représente qu’environ 3 % de l’exposition totale. Le vrai problème pousse dans les champs, pas dans les tablettes).

Pourquoi s’en inquiéter ?

Le cadmium est classé cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. Il perturbe l’organisme en prenant la place du zinc notamment, perturbant ainsi de nombreuses fonctions biologiques.

Résultats : risques accrus de cancers (notamment du pancréas), de troubles hormonaux, atteintes des reins, du foie, des os et du système cardiovasculaire.

Comment s’en protéger

Le vrai levier : agir collectivement

L’Anses recommande de limiter dès que possible le cadmium dans les engrais à 20 mg/kg. Mais en France, on en est encore à 90 mg/kg (avec une baisse prévue… seulement pour 2038 !). Pendant ce temps, certains pays européens sont déjà à 20 mg/kg.

Mais en attendant, des alternatives existent:

  • Côté agriculture :

  • Diversifier les rotations de cultures (lupin, sarrasin)
  • Réintroduire des haies pour limiter l’érosion
  • Enrichir les sols en matières organiques (compost ou fumier).
    • Côté assiette :

  • Diversifier son alimentation
  • Manger plus de légumineuses à la place des aliments à base de blé (jusqu’à 10× moins de cadmium que dans les céréales, et en bonus ils sont riches en protéines et en fibres)
  • Réduire les produits à base de blé
  • Varier les féculents (sarrasin, millet, riz…) (ça tombe bien on a déjà écrit une astuce sur le sujet ici)
  • Privilégier le bio (jusqu’à 48 % de cadmium en moins)
  • Éviter les produits céréaliers ultra-transformés (biscuits, viennoiseries…)
  • Assurer des apports suffisants en fer et en zinc.
  • En résumé

    Non, le chocolat n’est pas le grand méchant, le cadmium vient des champs !

    Individuellement, on peut réduire son exposition.

    Collectivement, on peut s’attaquer à la cause.

    Sources: INRAE / Vie publique / Vert Media.

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